Rencontre avec Catherine Lecours, CPA, CGA
Notre directrice principale, Certification, raconte comment plus de quinze ans d’expérience en comptabilité et en technologie l’amènent à façonner Lucy, notre agente IA, sans jamais perdre de vue le côté humain du métier.

Quand l’expertise comptable rencontre l’intelligence artificielle qui transforme le métier de CPA.
Chez Stamped, nous croyons que les meilleurs outils technologiques ne valent rien sans des experts humains de calibre pour les animer. C’est pourquoi nous vous présentons aujourd’hui Catherine Lecours, CPA, CGA, la personne qui contribue chaque jour à façonner Lucy, notre agente d’intelligence artificielle, et qui accompagne nos clients avec une approche aussi humaine que rigoureuse.
1. Catherine, peux-tu te présenter et nous parler de ton parcours professionnel?
Avec plaisir! J’ai fait un baccalauréat en commerce, spécialisation finance, à l’Université Concordia. Après mon baccalauréat, je suis allée à « l’école de la vie » et, après avoir vécu deux ans à l’étranger, j’ai décidé de poursuivre mes études pour obtenir mon titre de CPA, CGA. J’ai commencé ma carrière chez TNI The Network Inc., où j’ai passé plus de six ans comme responsable de la comptabilité de plus de 25 sociétés à travers le Canada et les États-Unis.
En 2015, j’ai ensuite déménagé à Sydney, en Australie, où j’ai aussi travaillé chez Grant Thornton en tant que comptable senior. Lors de mon retour au Canada, tout en continuant à travailler pour Grant Thornton, j’ai eu le rôle de gestionnaire des services de comptabilité infonuagique, un rôle qui commençait tout juste à exister dans les grands cabinets à l’époque.
En 2021, j’ai fait un saut différent : je suis passée chez Intuit, l’entreprise derrière QuickBooks, comme gestionnaire du développement des affaires, grands cabinets. Ce poste m’a permis de collaborer avec plusieurs cabinets comptables à travers le pays. En août 2023, j’ai rejoint Stamped comme directrice principale, et c’est ici que toutes ces expériences se sont vraiment assemblées.
2. Tu as travaillé à l’intérieur d’un grand cabinet, puis du côté d’un éditeur de logiciels comme Intuit. Qu’est-ce qui t’a convaincue de faire le saut vers Stamped?
Chez Intuit, j’ai eu un poste d’observation privilégié. Je rencontrais des centaines de cabinets comptables, des petits et des grands, et je voyais très clairement qui adoptait la technologie et qui résistait encore aux vieilles habitudes de papier et de chiffriers Excel. J’ai vu de mes propres yeux l’écart qui se creusait entre les cabinets traditionnels et ceux qui embrassaient réellement le virage numérique. Mon passage chez Grant Thornton en comptabilité infonuagique m’avait déjà donné un avant-goût de ce que la technologie cloud pouvait faire pour un client, mais chez Intuit j’ai réalisé qu’il manquait encore une pièce : une firme comptable bâtie de A à Z autour de cette technologie, avec des CPA aux commandes. Quand l’opportunité chez Stamped s’est présentée, ça m’a semblé être l’aboutissement logique de tout mon parcours.
3. Quel est ton rôle exact chez Stamped en tant que directrice principale?
Mon rôle a deux volets qui se nourrissent l’un l’autre. D’un côté, je supervise la production des états financiers et des déclarations fiscales, ainsi que nos services d’accompagnement en tenue de livres et en comptabilité. Je veille à ce que nos clients bénéficient d’un accompagnement humain et personnalisé tout au long de leurs processus comptables, alors même que nous cherchons à optimiser ceux-ci au maximum grâce à la technologie.
De l’autre, je suis activement impliquée dans le développement de notre plateforme, notamment de notre agente d’intelligence artificielle nommée Lucy. Je travaille directement avec notre équipe de développement afin de m’assurer que nos outils, et particulièrement Lucy, reflètent réellement la réalité du terrain et les besoins des professionnels et des entrepreneurs, une perspective que je peux apporter grâce à plus de quinze ans d’expérience en comptabilité et en technologie. Ce double rôle me permet ainsi de faire le lien entre la pratique, les besoins de nos clients et la technologie.
4. Parle-nous de ta contribution au développement de Lucy, votre agente IA. Qu’est-ce que ça implique concrètement?
Nous sommes en train d’entraîner Lucy à prendre en charge les travaux répétitifs dans nos mandats. Mon rôle est de m’assurer que Lucy puisse intégrer un véritable jugement de CPA dans sa façon d’analyser les dossiers.
Je passe du temps avec notre équipe de développeurs pour leur expliquer comment un comptable raisonne face à une transaction ambiguë, quelles questions il se pose et quels signaux nous amènent à creuser plus loin. Voir Lucy évoluer, devenir plus pertinente et efficace au fil des mandats est particulièrement gratifiant.
5. Comment Lucy simplifie-t-elle concrètement ta vie et celle de ton équipe au quotidien?
Lucy nous permet de déléguer une grande partie des tâches nécessaires à la réalisation de nos mandats, ce qui change beaucoup notre quotidien. Plutôt que de consacrer une grande partie de notre temps à documenter nos analyses et nos conclusions, l’équipe peut davantage se concentrer sur l’analyse elle-même et sur la qualité de nos conclusions. Lucy prend en charge une partie du travail d’exécution, tandis que nous apportons notre jugement professionnel là où il est réellement nécessaire.
Dans un contexte où le marché du travail se resserre et où il devient de plus en plus difficile d’augmenter nos ressources simplement en ajoutant des personnes à l’équipe, le gain de temps est considérable. Il nous permet de mieux utiliser notre expertise et de consacrer davantage de temps à des conversations stratégiques et pertinentes avec nos clients, plutôt qu’à des tâches administratives ou répétitives.
Pour moi, c’est là que la technologie prend tout son sens : elle nous permet de faire plus efficacement ce que nous faisons déjà, tout en nous donnant davantage de temps pour la partie de notre travail qui demande réellement notre jugement et notre valeur ajoutée.
6. Le coaching fait partie de tes compétences clés. Comment ça se traduit dans ton rôle chez Stamped?
Le coaching occupe une place centrale dans ma façon de travailler, autant avec notre équipe qu’avec nos clients.
Avec l’équipe, je crois profondément à l’idée de développer les gens plutôt que de simplement superviser des tâches. Je prends le temps d’expliquer le pourquoi derrière chaque décision, pas seulement le comment. Avec l’arrivée de l’intelligence artificielle, cette approche devient encore plus importante : alors que la technologie prend en charge une partie des tâches plus répétitives, mon rôle est de développer davantage le jugement, la capacité d’analyse et la compréhension de notre équipe. Mon objectif est donc de faire en sorte que chacun comprenne non seulement comment faire son travail, mais surtout pourquoi on le fait de cette façon et comment exercer son propre jugement professionnel.
Beaucoup d’entrepreneurs reçoivent leurs états financiers sans avoir réellement l’occasion de comprendre ce que leurs chiffres leur disent ou ce qu’ils peuvent en tirer pour leur entreprise. Mon rôle est de m’assurer qu’à chaque échange, ils repartent avec une meilleure compréhension de leur situation financière, mais aussi avec les outils et la confiance nécessaires pour prendre de bonnes décisions d’affaires.
7. Après avoir vu l’industrie de l’intérieur d’un grand cabinet et de l’extérieur chez un éditeur de logiciels comme Intuit, qu’est-ce qui distingue vraiment Stamped des autres firmes comptables?
Je pense que ce qui distingue vraiment Stamped, c’est qu’on ne cherche pas simplement à ajouter de la technologie à un modèle comptable traditionnel. On repense plutôt la façon dont les services comptables peuvent être livrés en partant à la fois de l’expertise CPA et de la technologie.
Notre philosophie est vraiment que la technologie doit être au service des gens : elle doit nous permettre d’être plus efficaces, sans perdre l’aspect humain et le jugement professionnel qui sont au cœur de notre métier. On est à la fois un cabinet CPA et une entreprise technologique, et ces deux réalités ne fonctionnent pas en parallèle : elles se développent ensemble. C’est ce qui nous permet de repenser non seulement les outils qu’on utilise, mais aussi la façon dont on accompagne nos clients.
8. Quelles sont les erreurs les plus fréquentes que tu observes chez les dirigeants de PME concernant leurs outils comptables?
Une des erreurs que je vois le plus souvent, c’est de sous-estimer le temps et les efforts nécessaires pour garder une tenue de livres à jour. Même si beaucoup de PME ont fait la transition vers les technologies infonuagiques, ça ne veut pas nécessairement dire qu’elles savent comment bien les utiliser.
On voit souvent trois situations : certains utilisent de nouveaux outils avec de vieilles façons de faire, d’autres font trop confiance aux automatisations et aux suggestions de la technologie, qui peuvent parfois créer beaucoup de problèmes dans les livres, et certains finissent tout simplement par laisser leur tenue de livres de côté parce qu’ils n’ont pas le temps de s’en occuper.
Le problème, c’est que les erreurs et les retards finissent par s’accumuler. On se retrouve alors avec des chiffres qui ne reflètent pas nécessairement la réalité de l’entreprise et des surprises au moment de produire les états financiers ou les déclarations fiscales.
Avec les bons outils, mais surtout avec une bonne compréhension de la technologie et le bon accompagnement, la tenue de livres peut devenir beaucoup plus simple et régulière. Et quand les chiffres sont à jour et fiables, les dirigeants peuvent vraiment s’en servir pour comprendre ce qui se passe dans leur entreprise et prendre de meilleures décisions, plutôt que de simplement les regarder une fois par année.
9. Comment vois-tu l’évolution du rôle du CPA avec l’essor de l’intelligence artificielle, comme Lucy, dans les prochaines années?
Je pense que le rôle du CPA va évoluer vers davantage de conseil et de mentorat, et beaucoup moins vers les tâches répétitives et l’entrée de données.
Pour les CPA expérimentés, je vois un rôle de mentor auprès des plus jeunes pour développer leur jugement professionnel, leur esprit critique et leur capacité à aller au-delà des chiffres.
Avec nos clients, on pourra aussi consacrer plus de temps à comprendre leur réalité, à les conseiller et à avoir plus de discussions stratégiques pour les aider à prendre de meilleures décisions.
Et malgré toute cette technologie, je pense qu’il sera important de garder le côté humain de notre profession. L’IA peut faire beaucoup de choses pour nous, mais elle ne remplace pas la relation de confiance qu’on bâtit avec nos clients. Idéalement, elle devrait justement nous donner plus de temps pour cette relation.
10. Un dernier mot pour les dirigeants de PME qui hésitent encore à changer de firme comptable?
Il ne faut pas attendre que votre comptabilité devienne un problème avant de faire un changement. Une bonne firme comptable devrait faire plus que produire vos états financiers et vos déclarations. Elle devrait vous aider à comprendre vos chiffres, vous conseiller et vous accompagner dans vos décisions.
Et surtout, la technologie ne devrait pas enlever le côté humain. Avec les bons outils et la bonne équipe, on peut être plus efficace tout en gardant une vraie relation avec ses clients. Si vous sentez que votre firme actuelle ne répond plus à vos besoins, ça vaut la peine de regarder ce qui se fait ailleurs.