Comptabilité

Salaire ou dividendes : comment se rémunérer en tant que propriétaire de PME?

Analysez les avantages fiscaux du salaire et des dividendes pour choisir la meilleure stratégie de rémunération.

Salaire ou dividendes : comment se rémunérer en tant que propriétaire de PME?

L’une des questions les plus fréquentes que les propriétaires de PME posent à leur CPA est : « Devrais-je me verser un salaire ou des dividendes? » La réponse dépend de votre situation personnelle, de la rentabilité de votre entreprise et de vos objectifs financiers à long terme. Voici une analyse complète pour vous aider à prendre la meilleure décision.

Le salaire : avantages et inconvénients

Se verser un salaire signifie que votre entreprise vous traite comme un employé. Le salaire est une dépense déductible pour la société, ce qui réduit son revenu imposable. Voici les principaux avantages :

  • Droits de cotisation REER : un salaire génère des droits de cotisation au Régime enregistré d’épargne-retraite (REER), vous permettant d’épargner pour la retraite de façon fiscalement avantageuse
  • Cotisations au RRQ : le salaire donne droit aux prestations du Régime de rentes du Québec (RRQ), fournissant un revenu de retraite garanti
  • Déductibilité : le salaire est une dépense déductible pour la société, réduisant directement son revenu imposable
  • Régularité : un salaire régulier facilite la planification financière personnelle et l’obtention de prêts hypothécaires

Les inconvénients incluent les charges sociales (cotisations de l’employeur au RRQ, au RQAP, au FSS et à la CSST), qui représentent un coût additionnel d’environ 12 % à 15 % du salaire pour l’employeur.

Les dividendes : avantages et inconvénients

Les dividendes sont des distributions des bénéfices après impôt de la société à ses actionnaires. Contrairement au salaire, les dividendes ne sont pas une dépense déductible pour la société. Les avantages comprennent :

  • Pas de charges sociales : aucune cotisation au RRQ, au RQAP ou à l’assurance-emploi n’est requise sur les dividendes
  • Flexibilité : les dividendes peuvent être versés à tout moment et en tout montant, selon les besoins
  • Crédit d’impôt pour dividendes : les dividendes bénéficient d’un traitement fiscal préférentiel au niveau personnel grâce au mécanisme de majoration et de crédit d’impôt
  • Fractionnement du revenu : dans certaines situations, les dividendes peuvent être versés à des membres de la famille actionnaires (sous réserve des règles de l’impôt sur le revenu fractionné — TOSI)

Les inconvénients principaux sont l’absence de droits de cotisation REER et l’absence de cotisation au RRQ, ce qui peut réduire votre revenu de retraite à long terme.

Le principe d’intégration fiscale

Le système fiscal canadien est conçu selon le principe d’intégration, qui vise à ce qu’un dollar de revenu gagné par une société et distribué à son actionnaire soit imposé de façon similaire, qu’il soit versé sous forme de salaire ou de dividendes. En théorie, la charge fiscale totale devrait être la même dans les deux cas. En pratique, des écarts existent en raison des taux d’imposition réels, des seuils de revenus et des crédits d’impôt disponibles.

L’approche hybride : combiner salaire et dividendes

Dans la plupart des cas, la stratégie optimale est une combinaison de salaire et de dividendes. Une approche courante consiste à :

  1. Se verser un salaire suffisant pour maximiser les droits de cotisation REER (en 2025, le plafond REER est de 32 490 $, ce qui nécessite un salaire d’environ 180 500 $)
  2. Verser le reste de la rémunération en dividendes pour minimiser les charges sociales
  3. Ajuster le ratio selon les besoins personnels et la situation financière de la société

Considérations spécifiques au Québec

Le Québec présente des particularités importantes à considérer :

  • RRQ (Régime de rentes du Québec) : les cotisations au RRQ sont plus élevées que celles au RPC dans le reste du Canada, ce qui augmente le coût du salaire mais aussi les prestations futures
  • RQAP (Régime québécois d’assurance parentale) : des cotisations supplémentaires s’appliquent sur le salaire, offrant en contrepartie des prestations de maternité et paternité plus généreuses
  • FSS (Fonds des services de santé) : contribution de l’employeur calculée sur la masse salariale totale
  • Taux d’imposition des dividendes : au Québec, le taux marginal combiné le plus élevé sur les dividendes ordinaires peut dépasser 48 %, ce qui réduit l’avantage relatif des dividendes à revenus élevés

Quand réviser votre stratégie de rémunération

Votre stratégie de rémunération devrait être révisée annuellement avec votre CPA, particulièrement lors de :

  • Changements significatifs dans la rentabilité de l’entreprise
  • Modifications de votre situation personnelle (mariage, naissance, achat de propriété)
  • Changements dans les taux d’imposition ou les plafonds de cotisation
  • Planification de la retraite ou de la relève

Chez Stamped, nous aidons les propriétaires de PME à optimiser leur rémunération en analysant l’ensemble de leur situation fiscale — tant au niveau corporatif que personnel — pour recommander la stratégie la plus avantageuse.

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